
La hausse des tarifs de l'électricité est entrée en vigueur
(AFP) – Il y a 4 joursLes tarifs réglementés de l'électricité augmentent à partir de dimanche (15 août), avec des hausses variables en fonction des clients et du type d'abonnement et qui vont tourner en moyenne
autour de 3% pour les ménages.
Une telle augmentation n'avait pas été enregistrée depuis juillet 2003 en ce qui concerne les ménages. Et si on y
ajoute l'augmentation des tarifs aux entreprises (+4% à +5,5%),
il n'y a pas d'équivalent dans les années 2000.

Le ministère de l'Energie
a justifié ce relèvement, annoncé vendredi dans un arrêté paru au Journal Officiel,
par la nécessité pour le groupe public d'électricité EDF d'assurer "l'intégrité du système électrique français", alors qu'il s'est lancé depuis quelques années dans une relance de ses investissements en France.
L'augmentation est différente selon les cas. Pour les 27,5 millions
d'abonnés au "tarif bleu résidentiel", elle devrait atteindre
3% en moyenne. L'impact sur la facture sera compris entre -2% et +5,7% pour 9 clients sur 10, assure EDF, soit des hausses de facture ne dépassant pas 4 euros par mois (48 euros par an). Quelques "rares" consommateurs subiront toutefois une hausse de prix de 8%, reconnaît le ministère de l'Energie.
Les professions libérales, les artisans, ainsi que les entreprises, sont également concernés, avec des hausses moyennes de 4% à 5,5% selon les catégories.
EDF renoue avec une politique de forte hausse tarifaire
Le Monde 18.08.10 14h21
L'ancien PDG d'EDF, Pierre Gadonneix, n'avait pas été reconduit, en novembre 2009, pour avoir dit une vérité qui dérangeait alors le président de la République, Nicolas Sarkozy : les tarifs de l'électricité devaient fortement augmenter dans les années à venir pour financer les investissements nécessaires à la modernisation du système électrique. La réalité a rattrapé les pouvoirs publics, qui ont discrètement annoncé la plus forte hausse des tarifs des particuliers depuis 2003.

Après cinq années d'augmentations proches de l'inflation, la
Commission de régulation de l'énergie (CRE), le
"gendarme" du secteur, a en effet donné un
avis favorable aux propositions du gouvernement.
La hausse moyenne des tarifs réglementés sera de 3,4 %. La facture des 27,5 millions de clients au tarif bleu (résidentiel) augmentera de 3 % en moyenne à compter du 15 août (pour 1,7 % d'inflation sur douze mois). Le ministère de l'écologie et de l'énergie a prévenu que
l'effort serait limité à 48 euros par an pour 90 % des ménages ; mais près de
3 millions de foyers auront des hausses plus importantes. Les prix pour les entreprises grimperont de 4 % à 5,5 %.
Les augmentations différenciées sont censées refléter la consommation réelle des clients entre le jour et la nuit, l'été et l'hiver, les heures creuses et les heures de pointe.
EDF veut faire payer plus cher le courant consommé en période de pointe,
où il est obligé de l'acheter à prix d'or sur le marché,
le parc nucléaire étant mal adapté à ces pics de consommation.
Chez EDF, on préfère parler d'équité" entre les clients, qui paieront ce qu'ils consomment réellement.
MAIS la tarification est si complexe que
l'arrêté publié au Journal officiel du 13 août compte
22 pages !("Equité" : A mourir de rire !!!)
LES CENTRALES VIEILLISSENT
Ce mouvement de hausse ne peut que se confirmer dans les prochaines années, préviennent les dirigeants d'EDF et de nombreux experts de l'énergie. Les prix ont progressé dans les
années 1970-1980, au moment où la France s'équipait de centrales nucléaires (58 réacteurs). Puis les clients ont bénéficié d'un parc de production jeune et en phase d'amortissement. "Les tarifs ont baissé de 30 % hors inflation entre
1985 et 2005", affirme un responsable de la direction commerce d'EDF.
Depuis cinq ans, l'heure est venue de
réinvestir et "les tarifs doivent refléter les coûts", répètent ses dirigeants.
Le parc de centrales, qui a 25 ans d'âge moyen,
vieillit et la durée d'exploitation des réacteurs doit être prolongée au-delà de 40 ans. Une modernisation dont EDF a chiffré le coût à plus de
30 milliards d'euros pour dix ans d'exploitation supplémentaires. Il est aussi urgent de
moderniser un réseau de distribution (moyenne et basse tension)
vétuste, et
d'enterrer des lignes pour les protéger de tempêtes.
Entre 2008 et 2009, les investissements d'EDF dans l'Hexagone sont passés de
5,2 à 7,2 milliards ; ils atteindront
8 milliards en 2010.
Au milieu des années 2000, la
crainte d'un "black-out" liée à l'insuffisance des moyens de production était vive. Elle s'est estompée. "
La sécurité d'alimentation devrait être assurée jusqu'en 2013", indique le Réseau de transport d'électricité (RTE), la filiale d'EDF gestionnaire des lignes à haute tension et garante du bon fonctionnement du système.
Le solaire se développe rapidement et, fin 2009,
onze centrales au gaz étaient en construction, en projet ou mises en service par EDF, GDF Suez, E.ON France, Poweo et le suisse Atel.
Cela justifie-t-il des hausses de tarifs très supérieures à l'évolution de l'indice des prix ?Depuis la signature, en 2005, du contrat de service public Etat-EDF pour cinq ans, ils ne devaient pas progresser plus que l'inflation. La direction affirme que l'engagement a été tenu.
Pour l'UFC-Que choisir ?, l'année 2009 prouverait le contraire :
le prix de l'électricité a augmenté de 1,9 %, alors que l'inflation n'a été que de 0,1 %. Elle dénonce aussi "le parcours du combattant" pour obtenir le
tarif social (légèrement amélioré),
qui échappe encore aux deux tiers des foyers très modestes qui y ont droit.
"Cette hausse d'août est d'autant plus inquiétante qu'en l'état actuel la loi sur la "nouvelle organisation du marché de l'électricité" (discutée au Parlement)
va faire flamber le niveau des tarifs réglementés d'ici 2015", ajoute le mouvement de consommateurs.
Obligé, au nom de la concurrence,
de vendre à son prix de revient jusqu'à 25 % de sa production nucléaire à des fournisseurs concurrents en France (GDF Suez, Poweo...),
EDF se paierait ainsi sur ses clients.
"C'est inexact. Et le prix de l'électricité en France est de 30 % inférieur à ceux des pays européens, réplique un dirigeant d'EDF. Nous comptons bien garder cet écart, voire le creuser un peu grâce à notre politique d'investissement." Cette compétitivité est due au nucléaire.

Cet avantage compétitif par rapport aux énergies fossiles durera-t-il ? Avec un baril de pétrole à plus de 50 dollars et un coût du carbone à 20 euros la tonne, ajoute-t-il,
l'avenir du nucléaire est assuré.
Commentaire de Fraububux :
Lagarde...Prend garde quand tu nous bombardes de chiffres fardés et bardés (croissance), Regarde... le citoyen est lardé à coups de tarifs en hausse de toute part, la consommation tarde et la reprise en pâtira....
Fraububux